Jubilé du couronnement de la Vierge
Il y a cent ans, en 1926, la statue de Notre-Dame de La Peinière recevait solennellement sa couronne. Un événement auquel plus de 50 000 personnes avaient participé. Pour commémorer cette fête, le sanctuaire a programmé de multiples animations tout au long de l’année avec en point d’orgue : le Festival Stella Maris.
Le couronnement canonique : histoire et sens L’événement du couronnement d’une statue de la Vierge trouve ses racines dans une longue tradition ecclésiale, nourrie par la foi du peuple chrétien.
C’est un acte officiel autorisé par le Pape, exprimé par une bulle ou un décret apostolique, autorisant qu’une statue ou une image du Christ, de la Vierge Marie ou d’un saint soit solennellement couronnée. Ce geste est confié à un légat pontifical, à un évêque, ou plus rarement au Pape lui-même. Le couronnement d’une statue de la Vierge Marie marque que cette image est particulièrement vénérée, et qu’elle a porté des fruits spirituels durables : conversions, consolations, guérisons, fidélité du peuple chrétien, rôle dans la mission locale.
Le couronnement est donc un acte ecclésial et non simplement décoratif. Il reconnaît une histoire de grâce. La tradition de couronner la Vierge s’enracine d’abord dans la Bible et dans la foi de l’Église : Marie est honorée comme Reine, associée à son Fils, Roi de l’univers. Dès les premiers siècles, les Pères la saluent comme Basilissa, « Reine », et l’iconographie la représente couronnée de gloire. Au fil des siècles, des fidèles, des guildes, des villes ou des souverains ont offert des couronnes à des statues de la Vierge, en signe de reconnaissance, d’intercession reçue, de protection maternelle. Ces couronnements étaient spontanés et liés à une piété populaire forte.
La forme officielle du couronnement apparaît au début du XVIIe siècle, sous l’impulsion de missionnaires capucins. En 1631, le premier couronnement officiellement approuvé par le Pape est celui de la Madone della Febbre à Saint-Pierre de Rome, à la demande d’Urbain VIII. Cette pratique se répand vite dans les États pontificaux puis dans toute l’Église.
Au XVIIIe siècle, le pape Benoît XIV codifie la procédure, qui sera ensuite intégrée au Pontifical romain en 1897. Les couronnements deviennent ainsi un acte liturgique reconnu.
Au XIXe et XXe siècles, l’Église vit une véritable floraison mariale.
• P. Patrice Gomé, recteur du sanctuaire Notre-Dame de La Peinière
La rénovation de la statue
La statuette, très abîmée, a été restaurée par le sculpteur parisien Camille Débert pour son couronnement. Elle a été recouverte d’une enveloppe de cuivre, puis d’argent et d’or, tandis que le socle a été décoré de pierres précieuses. Trois couronnes ont également été réalisées, dont deux grâce aux pierres offertes par des fidèles du diocèse.
