Après plusieurs années parmi nous, l’abbé Mériadec de Pontbriand quitte aujourd’hui Vitré pour rejoindre la paroisse Saint-Hélier de Rennes. Pendant quatre ans, son ministère et sa présence ont profondément marqué la vie de notre communauté. Au moment de le voir partir, c’est avant tout dans l’action de grâce que nous voulons relire son chemin : celui d’un jeune homme qui, peu à peu, a découvert l’appel de Dieu et s’est laissé conduire par Lui jusqu’au sacerdoce.
Une foi reçue en famille
Mériadec a grandi dans une famille de catholiques pratiquants, engagée dans la Communauté de l’Emmanuel. Très tôt, ses parents lui ont transmis le goût de la prière : chaque soir, la famille se retrouvait pour prier et, le dimanche, la messe occupait naturellement une place centrale dans la vie familiale.
Passer d’une foi familiale à une foi personnelle
Mais, à l’adolescence, une question plus personnelle a commencé à naître dans son cœur. Au-delà d’une foi reçue et vécue en famille, Mériadec a ressenti le désir de rencontrer Dieu personnellement.
À 17 ans, il a ainsi demandé au Seigneur cette rencontre.
Quelques temps plus tard, il participe à une session Jeune à Paray-le-Monial. Cette expérience devient une étape décisive. Il y découvre profondément qu’il est aimé de Dieu tel qu’il est, gratuitement, et que Dieu n’est pas une idée ou un principe abstrait, mais une Personne vivante et réelle, à qui l’on peut parler et qui nous aime.
Au cours d’une messe, il fait également l’expérience forte de la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie.
À son retour, quelque chose a changé. Sans encore penser à devenir prêtre, Mériadec commence à adorer régulièrement dans sa paroisse et rejoint chaque semaine un groupe de prière de la Communauté de l’Emmanuel.
« Tu n’as pas besoin d’être parfait pour devenir prêtre… »
C’est pendant sa préparation militaire à La Flèche que la question de la vocation sacerdotale va prendre une nouvelle dimension.
Au cœur de cette période, dans sa lecture, une parole s’impose à lui intérieurement :
« Mériadec, tu n’as pas besoin d’être parfait pour devenir prêtre… Alors pourquoi pas toi ? »
Troublé par cette question, il la présente au Seigneur avec simplicité : si elle vient réellement de Dieu, qu’elle demeure ; sinon, qu’elle disparaisse, et il poursuivra le chemin qu’il avait prévu dans l’armée.
La question est restée. Plus encore, elle s’est enracinée !
En 2017, à l’âge de 20 ans, Mériadec demande à entrer en année de discernement avec la Communauté de l’Emmanuel. Il part alors pendant un an à Namur, en Belgique, pour discerner cette vocation.
Ce temps confirme progressivement l’appel. Il entre ensuite au séminaire de Paris pour sa formation, tout en étant destiné à devenir prêtre du diocèse de Rennes.
Du séminaire à Madagascar
Après deux années au séminaire de Paris, Mériadec part pendant deux ans à Madagascar dans le cadre de FIDESCO. Il y travaille dans un foyer accueillant des personnes en situation de handicap.
Cette expérience missionnaire constitue une nouvelle étape importante de sa formation humaine et spirituelle.
Retour et formation théologique au grand séminaire de Rennes
À son retour, il poursuit ses études avec le cycle de théologie et commence son insertion pastorale à Vitré, puis reçoit l’ordination diaconale.
Pendant ces années, nous avons découvert non seulement le séminariste, mais aussi l’homme, avec sa joie communicative, sa simplicité et son désir profond de rejoindre chacun là où il se trouve.
« Je rends grâce au Seigneur : je suis trop heureux d’être prêtre ! »
Aujourd’hui, ordonné prêtre depuis le 28 juin dernier, en quittant Vitré pour rejoindre la paroisse Saint-Hélier de Rennes, l’abbé Mériadec porte un regard profondément reconnaissant sur son chemin.
« Je rends grâce au Seigneur. Je suis trop heureux d’être prêtre ! De pouvoir donner la vie du Seigneur à ceux qui m’entourent, de pouvoir annoncer son nom au catéchisme ou même dans un BlaBlaCar ! Cela me réjouit. »
Ces paroles résument bien le cœur de sa vocation : la joie d’avoir été rejoint par Dieu, la joie de se savoir aimé, et la joie de pouvoir à son tour annoncer cet amour et en être le témoin auprès de ceux qu’il rencontre.
Après ces années passées à Vitré, nous voulons simplement dire merci.
Merci pour les messes célébrées, les baptêmes, les mariages, les funérailles, les rencontres, les temps de prière et d’écoute. Merci pour les jeunes accompagnés, les familles rencontrées, les paroissiens encouragés, et pour tous ces moments parfois simples et discrets qui constituent la vie d’une paroisse…le partage de nos joies et nos peines.
Merci surtout pour le témoignage d’une vocation vécue dans la joie.



