« Qui vous accueille m’accueille » (Mt, 10, 40) : la foi, un appel à accueillir l’étranger
De nombreuses paroisses du diocèse se mobilisent pour accompagner les personnes migrantes. Ces initiatives, parfois menées en lien avec des associations non-confessionnelles, prennent des formes multiples : un hébergement pour quelques nuits ou quelques semaines, un soutien administratif, ou encore un accompagnement spirituel. Ici, une famille de la paroisse Sainte Jeanne d’Arc se prépare au baptême, là une femme éprouvée par l’incertitude de sa situation administrative retrouve l’espérance dans un temps de prière partagé, et là encore, des chrétiens se rassemblent pour lancer une émission sur RCF. Et lorsque les tracas sont trop lourds, des paroles et des gestes viennent soutenir et réconforter.
Ces engagements renforcent l’unité paroissiale et font naître des amitiés. Accueillir les personnes migrantes, c’est aussi replacer le service du plus pauvre au cœur de la vie paroissiale : c’est la vocation des diaconies paroissiales. Au fil des rencontres, des liens de réciprocité se tissent entre paroissiens et personnes migrantes. Se rassembler autour d’un repas aux saveurs d’ailleurs, partager des danses rythmées… Laisser de côté les tracas administratifs pour se rencontrer dans la joie !
Journée mondiale du migrant et du réfugié : prier « même pour un seul de ces petits »
À l’occasion de la 112ᵉ Journée mondiale du migrant et du réfugié (« JMMR »), le dimanche 27 septembre, le pape Léon XIV nous appelle à penser autrement : ne pas réduire la migration à des chiffres, car « même un seul de ces petits » compte infiniment.
Pour marquer cette journée, le diocèse invite toutes les paroisses à s’unir à l’Église universelle, par la prière ou par des initiatives conviviales et fraternelles. A Vitré, la diaconie paroissiale a créé une chorale éphémère pour animer la messe de ce jour, qui s’est prolongée par un pot de l’amitié et un repas partagé. A Vitré encore, le film Welcome to Europe sera projeté le 1er octobre, tandis que la paroisse Sainte Jeanne d’Arc a organisé une course solidaire. Dans d’autres paroisses, une intention de prière dédiée aux personnes exilées a été lue lors de la prière universelle. Nous nous sommes par ailleurs unis par la prière au Pape visitant la Maison Bakhita le 26 septembre, à Paris, lieu d’accueil et de ressourcement de personnes exilées.
La JMMR est une invitation à rappeler l’égale dignité de toute personne, à prier pour les migrants ainsi que pour les défis et les opportunités que représente la migration, et à célébrer la joie de la rencontre et de l’enrichissement mutuel.
Un accueil ancré dans la Bible et la Doctrine sociale de l’Église
Au-delà des idéologies, l’Évangile et la Doctrine sociale de l’Église (DSE) invitent à changer de regard sur les personnes exilées.
L’accueil de l’étranger est une vocation biblique : Dieu lui-même a connu l’étrangeté. L’Incarnation le révèle : « Le Verbe s’est fait chair […] Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1,14.11). Jésus connaît l’exil dès sa naissance, le rejet, puis l’abandon sur la croix — une existence qui fait écho à celle des migrants. Accueillir l’étranger, c’est donc reconnaître en lui le visage du Christ, comme le rappelait Léon XIV aux Canaries : « Savons-nous reconnaître le Christ en ceux qui débarquent, marqués par la peur, la faim, la violence… ? »
Le critère ultime de Jésus est clair : « J’ai eu faim, j’ai eu soif, j’étais un étranger… et vous m’avez accueilli » (Mt 25,35). Chaque personne, quel que soit son statut, porte la dignité d’image de Dieu (Gaudium et Spes, 29). Cela suppose de dépasser la peur : le pape François soulignait qu’elle « nous prive de la richesse de la diversité », tandis que Mgr Malle (Gap-Embrun) témoignait que la rencontre des exilés l’avait aidé à vaincre cette peur.
La DSE fonde cet accueil théologiquement : créé à l’image de Dieu (Gn 1,27), chaque être humain a une dignité qui précède toute catégorie administrative (migrant, réfugié, sans-papiers). Les évêques de France appellent ainsi à ne pas réduire la question migratoire aux seuls enjeux sécuritaires.
La rencontre de l’Autre au cœur de l’accueil
Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Arras, propose une clé de lecture forte : toute relation authentique dérange. Refuser d’être dérangé, c’est refuser la rencontre — une rencontre où chacun s’enrichit de ce que l’autre lui apporte. Il relie ce mouvement à l’Incarnation : le Christ, en se faisant chair, dérange l’humanité pour la sauver. Ainsi le migrant n’est plus vu comme une menace, mais comme une sœur ou un frère porteur d’une richesse inattendue.
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