Eglise de Combourg
Sa construction, Eglise néo-gothique, fin 19ème siècle (1859-1887)
François-René de Chateaubriand a vécu quelques années à Combourg. Après la Révolution Française, il a écrit « Le Génie du Christianisme ». Il a ranimé le goût pour le style gothique.
A la fin du 19ème siècle, cette église néo-gothique est une réponse à l’admiration que l’on peut porter aux cathédrales gothiques. Chateaubriand en est un peu le père spirituel. Combourg avait alors une population importante d’environ 5 000 habitants et la pratique religieuse y était quasi généralisée. Les églises deviennent trop petites.
L’évêque de Rennes, Godefroy de Brossay Saint-Marc, très entreprenant, a voulu que le catholicisme s’affirme en Ille-et-Vilaine, si bien que beaucoup d’églises ont été reconstruites à cette époque.
Deux architectes très importants ont travaillé à la construction de cette église. Charles LANGLOIS a participé à beaucoup ‘agrandissements d’églises; ainsi, la cathédrale de Rennes, édifice néo-classique, a été transformée en basilique romaine, avec marbres et peintures.
Cette église de Combourg a été entièrement reconstruite sur l’emplacement de l’ancienne église du 13ème siècle. De style néo-gothique simplifié, elle comporte deux niveaux en élévation au lieu de trois. Construite en granit de Lanhélin, de 1859 à 1887, en 28 années. Charles Langlois a mis en route cette église; il a fait également le dessin du clocher, puis il s’est retiré
L’architecte Arthur REGNAULT a repris le travail. Très connu en Ille-et-Vilaine, il a fait les plans de 42 églises, dont trois dans le canton de Combourg. Très travailleur, il a imaginé tous les styles : Lanrigan : style néo-classique, Tressé : style néo-roman, Combourg : style néo-gothique. Ailleurs, il a fait aussi du néo-byzantin.
A Combourg, Arthur Regnault a prolongé le transept avec qualité et il a fait le chœur, le carré central, le plan de la chaire. On lui doit le dessin du maître-autel qui est extraordinaire.
LAUNAY a été l’entrepreneur local pour la réalisation des travaux. L’église est composée d’un bâtiment de 70 m. de longueur, 21 m. de largeur, d’un clocher d’une hauteur de 50 m., avec une tour de 30 m. suivie d’une flèche de 20 m., sa nef de 14 m., son large transept, ses chapelles latérales, sa sacristie-oratoire.
Dans un premier temps, l’intérieur de l’église doit être regardé en se plaçant près de la grande porte, sous les cloches. C’est du bas de la nef que l’on peut admirer l’élégance des voûtes et la légèreté des colonnes monolithiques qui les soutiennent, formant quatre feuilles ou croix. La présence de pierres tombales plus anciennes (1508 et 1651), indique qu’elles ont été prises dans l’ancien cimetière ou l’ancienne église et placées au milieu de la nef.
L’église se compose d’une grande nef centrale coupée par un transept. Les premières colonnes qui supportent la tour de l’église sont surmontées de deux chapiteaux romans provenant de l’ancienne église du 13ème siècle.
Deux autres chapiteaux romans ont été placés en haut des derniers piliers avant le chœur. Les bas-côtés de la nef jusqu’au chœur sont soutenus par des piles fortes en granit d’un seul jet. Deux bénitiers du 14ème et du 15ème siècles, venant du jardin du presbytère ont été placés à l’entrée de la nef.
Les vitraux
Les vitraux du transept et du chœur sont de très bonne qualité. Ils ont été réalisés par l’atelier parisien Claudius LAVERGNE. Ils ont été rénovés dans les années 2006-2009 par l’atelier Henri Helmbold, Corps-Nuds.
Vitraux du bas-côté droit : Saint Roch, Saint Gilduin, Sainte Catherine de Sienne, Sainte Claire, Saint François-Xavier, Saint François d’Assise.
Vitraux du bas-côté gauche : Saint Lunaire (Leonarius), Saint Alphonse de Ligori, Sainte Clotilde, Saint Cloud, Sainte François d’Amboise, Saint Maurice, Saint Michel Archange.
Vitraux du transept droit (sud) : une immense verrière, offerte par le comte et la comtesse de Chateaubriand, contient dans la couronne d’épines formant rosace, l’Assomption de Marie. Au-dessous, le tombeau de la Vierge Marie autour duquel sont rangés les Apôtres.
Vitraux du transept gauche (nord) : une immense verrière divisée en quatre tympans à ogives, surmontée d’une rosace en forme de couronne d’épines, représentant saint Joseph tenant l’Enfant-Jésus dans ses bras. Au-dessous, la mort de saint Joseph : la Vierge Marie ferme les yeux de son Epoux tandis que Jésus debout montre le chemin vers le ciel.
Huit vitraux ont été réalisés vers le bas de la nef, en 1966, par l’atelier Robert Briand, Rennes, dans une même harmonie de couleurs.
Les boiseries
Les boiseries sont intéressantes : les confessionnaux, la chaire, par l’atelier Rual.
Le maître-autel : dans la pureté de cette église d’un style gothique simplifié, l’architecture du maître-autel est faite pour attirer le regard. Il est d’un style gothique flamboyant, resté complet avec pinacles, flèches, anges dorés. Remarquez le jeu des couleurs très luxueux. Le soleil avec un triangle au centre évoque la Trinité de Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint.
Au niveau médian, la porte du tabernacle est travaillée comme une pièce d’orfèvrerie. Des scènes évangéliques : la Samaritaine, les disciples d’Emmaüs. En bas, la déposition du Christ au tombeau. La table d’autel est en marbre avec un reliquaire. C’est un ensemble impressionnant, l’un des plus beaux d’Ille-et-Vilaine. En 1966, la paroisse a mis en place un autel en bois sculpté, où le prêtre est situé face aux fidèles.
Les statues
– les deux statues en bois, sur les piliers de marbre noir, à l’entrée du chœur.
– la statue de saint Gilduin, en pierre, à gauche de l’abside.
– la très belle statue de la Vierge Marie, 18ème siècle, autel transept sud, à droite. Elle a été cachée pendant la Révolution Française et redonnée à l’église paroissiale en 1945 par M. et Mme Lafficher.
On a gardé quelques souvenirs de l’ancienne église
– trois pierres tombales, au milieu de la nef, 1568 – 1651
– deux grands bénitiers et fonts baptismaux géants.
– deux autels : l’un au fond du transept gauche et l’autre, partie droite du chœur, près de l’oratoire-sacristie.
– en bas de la nef et en haut de la nef, quatre chapiteaux romans anciens.
Cette église porte la trace de la famille de Chateaubriand chapelle seigneuriale et pierres tombales du Comte Geoffroy de Chateaubriand et de son épouse, les petits-neveux de François-René, l’écrivain. La concession d’une chapelle dans l’église a été faite en décembre 1883, pour la famille Chateaubriand.
La statue de saint Gilduin est due au ciseau du comte Geoffroy de Chateaubriand, petit-neveu de l’écrivain. Celui-ci est inhumé ainsi que son épouse la comtesse de la Rochetaillée, au pied de la statue. Une photocopie encadrée de leurs actes de décès est accrochée au mur, au-dessus de leurs dalles funéraires. Une partie des reliques de saint Gilduin se trouve sous l’autel de sa chapelle.
C’est une église néo-gothique intéressante, située à Combourg où vécut le grand
écrivain Chateaubriand. Au sud, une idée d’enclos, avec une croix, un espace vert très reposant, de beaux arbres. C’est une église très majestueuse pour une population qui s’est offert presque une cathédrale, avec des nefs, un large transept, un déambulatoire autour du chœur, des chapelles latérales, deux sacristies. L’église est bien placée dans l’agglomération. Elle donne une monumentalité à cette ville qui n’a pas de centre, mais deux pôles : le château et l’église.
Article rédigé par Père Roger BLOT, responsable diocésain du patrimoine religieux
Qui était Saint Gilduin, diacre (✝ 1077)
« extrait du site de la Conférence des Évêques de France »
Ordonné diacre, ce fils d’un seigneur de Dol de Bretagne, devint chanoine, puis les chanoines l’élisent comme évêque en raison de sa bonne conduite. Mais, lui, se trouvant trop jeune, va trouver le pape Grégoire VII à Rome pour qu’il accepte de nommer un autre évêque. Sur le chemin du retour, Gilduin, atteint d’une forte fièvre, s’arrête chez les bénédictins, près de Chartres. Et c’est là qu’il meurt en 1077.
– Un diacre du diocèse de Chartres nous précise:’Gilduin était diacre, et de ce fait il est devenu le saint patron des diacres du diocèse de Chartres. Chaque année, le samedi le plus proche de la Saint Gilduin, les diacres se retrouvent pour un temps de célébration de fête et de réflexion autour de l’évêque.’
– Un internaute nous écrit:’Il a été déclaré « Patron et Protecteur des Pélerins de N.D. de Chartres » le 24 octobre 1948 par l’évêque de Chartres.’-
L’archiviste diocésain confirme:’A l’occasion de la translation solennelle des reliques de saint Gilduin, Son Excellence Monseigneur Raoul Harsouët, évêque de Chartres, l’a déclaré « Patron et protecteur des pèlerins de Notre-Dame de Chartres. » Il a alors attaché 100 jours d’indulgences à l’invocation suivante : »Saint Gilduin, patron et protecteur des pèlerins de Notre-Dame de Chartres, priez pour nous. »
Le dimanche 24 octobre 1948, à Chartres, sous la présidence de Son Éminence le Cardinal Roques, archevêque de Rennes, grand’messe pontificale à la cathédrale suivie d’une procession solennelle de la cathédrale à l’église Saint-Pierre et de la bénédiction de la statue dans une chapelle restaurée, avec un nouvel autel où reposera la châsse des reliques.
Le samedi 6 août 1949, approbation de l’office propre et d’une messe propre en l’honneur de saint Gilduin par la Sacrée Congrégation des Rites. Inscription officielle de saint Gilduin au martyrologe romain. Sa fête est accordée sous le rite double de deuxième classe à l’église Saint-Pierre et double ordinaire dans tout le diocèse de Chartres.
Pentecôte 1950, la statue de saint Gilduin est portée comme emblème du doyenné de saint-Pierre de Chartres au pèlerinage officiel des paroisses de France à Rome.
En 1950, à l’occasion des fêtes du « bleun brug », les Bretons émigrés de Paris se rassemblent autour de saint Gilduin et se mettent sous sa protection. Ils transportent solennellement jusqu’à Saint-Pol de Léon avec sa statue quelques reliques qu’ils sont venus chercher à Chartres, voulant désormais avoir pour mission de protéger et de rassembler tous les Bretons dispersés hors de la province bretonne.
Au cours des siècles passés, il y a eu de grands pèlerinages à Saint-Pierre de Chartres et des périodes d’oubli. Les guerres, les croisades et divers événements détournèrent les esprits vers d’autres préoccupations.
En 1134, l’incendie qui détruisit l’église abbatiale où reposait Gilduin semble avoir mis fin à cette ferveur.
C’est en 1150, lors des travaux de reconstruction par l’abbé Foulcher, que l’on découvre la tombe de saint Gilduin. La bonne nouvelle se répand et de vrais pèlerinages s’organisent à nouveau.
Martyrologe romain
Permets, Dieu tout-puissant, que l’exemple des saints nous incite à mener une vie meilleure ; et tandis que nous célébrons la mémoire de St Gilduin, fais-nous la grâce de savoir lui ressembler. Par Jésus-Christ, ton Fils, Notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Amen !
Autres Prières
(pour demander une grâce)
Histoire du manteau partagé de Saint-Martin
En 326, Martin, 10 ans, fils d’un officier de l’Empire romain voué au culte impérial, veut se convertir au christianisme. Son père l’envoie servir l’armée dès 15 ans. Soldat romain, il partage sa solde et traite son esclave en frère. Un jour d’hiver, à Amiens, il partage son manteau avec un homme pauvre. La nuit suivante, il voit en rêve Jésus revêtu de la moitié du manteau. Il comprend que c’est le Christ qu’il a recouvert et demande le baptême. (Le Jour du Seigneur, publié en 2023)
Histoire de la commune de Lanrigan
(https://www.bretagne-decouverte.com)
Les habitants de cette localité administrée pendant plusieurs siècles par des moines sont décimés par une épidémie de peste entre 1630 et 1638. En 1886, sa population est de 254 habitants ; ce chiffre a baissé par la suite.
Avec sa terre de taillis et de landes d’une fertilité relative, la commune conserve cependant son activité agricole, sans doute à cause de ses chemins en bon état. Lanrigan a toujours été subordonné à la présence du château, féodal à l’origine. L’histoire locale est celle des châtelains qui se sont succédé dans cette région, dont ils étaient les suzerains.
Outre le château, véritable chef-d’œuvre, un autre site d’intérêt retient l’attention, la chapelle de Land’Huan, qui marque l’endroit où les moines de Saint-Jean de Dol ont créé un petit village et fait fructifier cette terre ingrate.
Histoire de la commune de Dingé
Le territoire de Dingé est déjà occupé à la préhistoire. La présence celtique est suivie de l’occupation romaine, matérialisée par des vestiges. Une voie romaine aurait existé à cet endroit. Un trésor de monnaies romaines a été découvert au XIXe siècle, attestant que ce territoire était le siège d’un camp romain. Au début de l’ère chrétienne et peut-être antérieurement, Dingé est le siège d’une industrie métallurgique. Des résidus de fusion sont toujours visibles en forêt de Tanouarn, sous forme de buttes.
Il n’échappe pas aux grandes invasions, dont il reste des sites, en particulier le tumulus dit « de la Motte-aux-Anglais ». Pendant de nombreuses années, la présence de moines va apporter au pays le progrès et une prospérité relative. Les religieux sont en particulier déterminants dans la mise en valeur du terroir dingéen.
Les seigneuries ont doté les hameaux de nombreux manoirs et maisons de maîtres pour y placer leurs descendants. La Révolution ne provoque pas de grands bouleversements, mais la réforme administrative, qui apporte une fraction de la forêt de Tanouarn, est l’occasion de la création d’un petit éphémère canton de Dingé entre 1790 et 1800.
L’agriculture et l’industrie du bois font de Dingé un pays d’éleveurs de chevaux et de charretiers réputés. Les travaux agricoles et le débardage des troncs d’arbre exigent des bêtes de trait de qualité et des conducteurs expérimentés.
À l’écart des gros centres, le territoire de la commune reste essentiellement agricole, mais la forêt a perdu de son activité. La création du canal d’Ille-et-Rance (entre 1804 et 1832) et du cours d’eau artificiel de la rigole de Boulet a été le facteur d’importants changements topographiques.



